mercredi 29 mai 2013

Les Douze Heures de la Nuit - Lester L. Gore

Référence assumée à un poète fictif inventé par Tim Powers pour le roman Les Voies d'Anubis (coïncidence fortuite qui fait que j'ai entamé le livre il y a quelques jours), Les Douze Heures de la Nuit est une variation sur un même thème, à l'image du musicien qui a un air dans la tête et qui compose plusieurs mélodies toutes représentatives de son idée.

La passion naturelle de l'auteur pour le fantastique se ressent dans chacune de ses nouvelles, quelle que soit l'angle d'approche choisi.

Lester est un vrai amoureux du genre  et rend un hommage appuyé à cette littérature si particulière, trop souvent sous-représentée en France. Bien évidemment, je ne parle pas ici de Bit-Lit ou autre romances à l'eau de rose destinée aux adolescentes en mal de sensations, mais de fantastique, de mystère, de peurs profondes ancrées en nous et que Lester fait resurgir à merveille sous sa plume précise.

Il va fouiller dans l'Histoire, les Mythes, les croyances ancestrales et dans les peurs universelles de l'Homme pour bâtir des intrigues efficaces qui se lisent d'un trait, pour certaines sans même le temps de reprendre son souffle.

Il balaie de manière efficace toutes les variations du fantastique, en passant du féerique au texte sombre et violent.

Alors évidemment, selon la sensibilité de chacun, on sera plus ou moins touché par tel ou tel texte. Pour ma part, Dans la Peau, Le Berserker, Léo, et Der Nachrichter m'ont particulièrement plu (pour des raisons différentes à chaque fois).

C'est une des forces de ce genre de recueil : il y en a pour toutes les sensibilités.

Alors que dire en synthèse ? À l'heure où on dit que le numérique ne produit que de la sous-littérature, Les Douze Heures de la Nuit sont le parfait exemple que toute généralité a ses exceptions.

lundi 29 avril 2013

Barry Barrison et Thomas Saunier : Où ils en sont ?

Bonne question, ma foi !

Ce très cher Barry occupe la quasi intégralité de mon temps, pour le moment. À ce stade, j'ai deux histoires de terminées. Soit, environ, la moitié du futur livre.
Je finis ces jours-ci les corrections sur La Partie Italienne et j'entame dans la foulée la troisième histoire, fraîchement rebaptisée La Mort lui sied si bien.

(c) Noom Songkann
J'avais écrit un premier squelette de cette troisième enquête, mais je n'étais pas pleinement satisfait du résultat. Trop classique.

Barry est un personnage exceptionnel. Il lui faut donc des aventures tout aussi extraordinaires.
Après de longs moments de réflexion, j'ai finalement eu un déclic. J'ai donc tout effacé et je repars de zéro.

Un mois : c'est le temps que je vais accorder à la rédaction de cette histoire. Et puis, le moi de juin sera consacré à l'écriture du quatrième et dernier texte. Ce qui, normalement, devrait me permettre d'avoir fini la rédaction de ce premier jet avant les grandes vacances et de pouvoir l'envoyer à l'éditeur.



Quant à Thomas Saunier et La Main Sanglante ?

Je ne l'oublie pas. Même si je n'ai pas beaucoup de temps à lui consacrer en ce moment, le troisième et dernier acte est bien entamé et même si la rédaction en elle-même n'est pas achevée, tout est dans ma tête.
J'espère pouvoir lui octroyer les mois d'été pour arriver à la conclusion de cette histoire, qui j'espère, plaira autant à la lecture que j'en ai à la rédiger.

Et la suite ?

Eh bien, la suite devrait commencer aux alentours de septembre, avec un nouveau texte pour lequel je suis en train de me documenter.

Mais il sera temps d'en reparler plus tard...

mercredi 27 mars 2013

Lasser - Un privé sur le Nil -

J'avoue, j'ai toujours été fan des privés un peu loosers du type de Mike Hammer, Philip Marlowe et autre John Mc Lane. Ils ont un côté éminemment sympathique et touchant. Le genre de gueule cassée qui prend cher et qui trouve son réconfort là où il peut (dans une bouteille de whisky ici en l’occurrence).

Bref, je suis parfaitement dans mon élément. Enfin, pas tout à fait quand même, parce qu'à l'ouverture du livre, si je m'attendais bien à voir un Lasser conforme à mes attentes, il en a été tout autre quant à l'univers proposé par Miller & Ward.

Alors on est dans les années 30. Jusque là, tout baigne. On est également en Egypte. Pas de soucis non plus. Sauf que, l'Egypte dans laquelle zone notre ami détective est un poil différente de celle de mes souvenirs scolaires. Si les grands repères sont bien présents, il y a certaines différences qui mettent très rapidement la puce à l'oreille.
On est dans une version alternative de notre monde, une sorte d'uchronie dans laquelle - et c'est une des principale force du livre - les Dieux gouvernent et se mêlent aux hommes. La dynastie des pharaons existe toujours et Ramses XXVII règne en seul maître.

Voilà. Les bases sont posées. On pourrait donc s'attendre à un joyeux fourre-tout et du grand-guignolesque à foison, mais il n'en est rien. Une fois ce postulat de base posé, les deux auteurs ont parfaitement su canaliser leur imagination pour nous proposer un univers qui, malgré tout, reste cohérent. Une fois la surprise des premières pages passées, on est dans le bain. Et voir Isis débouler à l'hôtel dans lequel loge Lasser pour lui passer un savon devient "normal".

Le livre se découpe en six parties : après une courte introduction (Filature à Marselha), on plonge dans le vif du sujet. Même si les cinq affaires sont indépendantes les unes des autres et pourraient donc être lues dans n'importe quel ordre, elles gardent une homogénéité et font progresser les personnages d'une histoire à l'autre.

Les cinq histoires couvrent un large spectre d'enquêtes. De la plus "intime" à celle dont les répercussions peuvent être cataclysmiques en cas d'échec (évidemment, avec des Dieux dans le coin, ya pas trop intérêt à foirer son coup, d'autant qu'ils ont la sentence irréversible légère).
Elles ont toutes leur lot d'originalité (que ça soit par son thème, ses protagonistes ou les possibles conséquences sur le monde).

Mon récit préféré est L'embrouille féline, qui met en scène un personnage secondaire fort particulier qui se trouve en fait plein de ressources. J'avoue avoir été vraiment bluffé par la fin. Et il n'y a rien de mieux que d'être étonné par ce que l'on lit.

La narration à la première personne est juste parfaitement utilisée. J'avais l'impression d'entendre Lasser me raconter ses aventures. Rien de mieux pour l'immersion. Qui plus est, Lasser use régulièrement d'un jargon argotique fort à propos qui colore un peu plus le récit. D'ailleurs, j'aurais aimé qu'il soit un peu plus présent, cet argot cher à mon ami David et à son Pagan Pandemia. Jean Philippe Lasser se doit d'avoir un langage peu châtié, sinon, ce ne serait pas un vrai privé ! 

Quant aux personnages qui entourent le détective, la palette est très large. Ils sont tous bien campés, et le fait de les voir réapparaître de temps à autre accentue ce sentiment d'immersion dans cet univers fantastique. Un "big up" pour Seth, à mourir de rire, à Hâpi, parfait second couteau et à Isis, qui, malgré son impressionnant statut, n'en reste pas moins quelqu'un de juste.

Pour conclure, que dire de plus ? Rien, si ce n'est que j'ai acheté le second opus (Mariage à l'égyptienne) avant même d'avoir fini le premier.

Si ça, ce n'est pas un gage de pari réussi de la part des auteurs ?

dimanche 17 mars 2013

Maxime Chattam

Parce que pour bien écrire, il faut lire, et beaucoup !

C'est une évidence. Lire ce que les autres écrivent, s'imprégner de leurs styles, repérer des astuces d'écriture, étendre ses connaissances, découvrir de nouveaux auteurs.
Autant de raisons qui sont de la logique pure.
Donc je lis. De plus en plus.

Il y a quelques semaines, j'ai fini un diptyque d'un auteur français dont je n'avais encore rien lu auparavant : le Sieur Maxime Chattam.

Ce que je connaissais de lui, par oui dire, c'était qu'il était prétentieux, vaniteux, qu'il faisait des phrases trop longues, qu'il avait des idées abracadabrantesqes, qu'il s'évertuait à placer ses intrigues aux US au lieu de la France, etc...

Pour Noël, ma petite femme m'offre en BD le premier album de la Trilogie du Mal. Je dévore le truc en 45mn chrono.

Du coup, j'achète Leviatemps.

Plantons le décor : on est à Paris, en 1900. L'exposition universelle vient d'ouvrir et la ville est le centre du monde.
Chattam décrit un Paris plus vrai que nature. Lorsque les protagonistes se promènent dans l'expo, on a l'impression d'y être. Il est évident que l'auteur s'est particulièrement documenté pour bien maîtriser son sujet.

Que nous raconte Leviatemps ?

Un jeune écrivain en manque d'inspiration du nom de Guy de Timée fuit sa femme et sa famille pour se réfugier dans un bordel, espérant ainsi que l'inspiration revienne et qu'il puisse, enfin, écrire "le" livre.

Une fille du Boudoir de Soi est découverte assassinée et affreusement mutilée devant l'entrée du bordel.

Troublé par la violence et la rage qui ont conduit l'assassin à laisser sa victime dans cet état, Guy décide de le rechercher pour le trouver, la police semblant se désintéresser (ou vouloir étouffer) l'affaire.

S'ensuit alors une plongée assez vertigineuse dans la fange humaine et les tréfonds de la violence. Tout au long de l'intrigue, Guy va nous emmener dans une "balade" dans Paris, pour le pire.... et le pire.

Le style est simple et fluide. Les pages défilent, l'intrigue avance, l'étau se resserre.
Jusqu'au final. L'histoire s'achève alors sur la découverte de coupable. Classique mais efficace.


Le lendemain, j'achète la suite (écrite un an plus tard).

Même personnage, exilé de Paris suite aux évènements du premier tome. Réfugié chez un homme dont il a croisé le chemin plus tôt, il reprend goût à la vie.

Jusqu'à ce qu'un nouveau meurtre se produise près de l'endroit où il se trouve...

Et là, je me dis : "Mouais, ficelle facile pour remettre le personnage en selle".

Certes, mais ça fonctionne bien quand même. D'autant que l'histoire est foncièrement différente de celle du premier opus (heureusement !).

Mais elle se termine aux 2/3 du livre.... Il reste presque 200 pages.

Mais B***** ! Il va faire quoi de la fin ?

Et c'est là où je tire mon chapeau à Mr Chattam. Un détail fait tiquer Guy. Et là, tout bascule.

Finalement, on se retrouve avec une seule et même histoire sur les deux livres !
Inutile de vous dire que j'ai torché la fin en quelques heures, et, qu'après l'avoir reposé, j'ai souri intérieurement en repensant à certains détails du premier tome qui m'avaient paru sans intérêt, ou totalement anodins... Et qui finalement ne le sont pas du tout.

Bref, voilà en quelques mots pourquoi je trouve Chattam excellent.

Alors, si vous ne connaissez pas cet auteur, commencez par ce diptyque : vous serez forcément enchantés !

mercredi 13 février 2013

Pagan Pandemia & Le Cloaque des Dieux

Pourquoi faire la promotion d'un livre qui n'est pas publié ? Voilà une démarche qui peut sembler inhabituelle.
Certes.

Mais il y a des fois où il faut sortir de l'habituel quand le besoin s'en fait sentir.

Et là, ça se fait méchamment sentir.

Photo non contractuelle
Bon, qu'est ce que c'est que cette histoire ? Et pourquoi encenser un texte qui n'a pas trouvé d'éditeur ?

C'est simple : parce que le texte est vraiment très bon, original et prenant.
C'est un mélange de tout ça à la fois.

- Ok, t'es bien gentil, mais tu nous sort ça de où ? De ton chapeau ?

- Oui. Et non. Allons-y par étapes.

Pagan, ça parle de quoi ?

Pagan Pandemia nous narre les déboires de deux "pauvres types", des mecs à la gueule cassée qui passent le plus clair de leur temps à se murger dans un troquet, au fin fond de la Bretagne, et qui doivent gérer les merdes que la vie leur balance sur le coin du nez sans qu'ils y soient préparés.
Les deux O., comme je les appelle, vont donc devoir se sortir d'un pétrin hors du commun avec les moyens du bord, c'est à dire : rien...
Ou presque, si on exclut un vieux canif, des gauloises sans filtre et une bouteille de Scotch déjà bien entamée.
Attention, hein. Le pitch que je vous décrit pourrait faire penser à un polar régional, mais il n'en est rien. Au contraire. C'est épique, dans le sens premier du terme.
Et c'est une des force du récit, parce que la lecture commence comme un récit léger, burlesque même. Puis, il part lorgner du côté du thriller, et enfin prend une nouvelle direction pour finir sur... Du cosmique.

Pagan, c'est écrit comment ?

Avec les mains. Bon, ça c'est fait, on passe à la suite.

Le second point fort du récit EST la narration, justement.

L'auteur nous balance en pleine figure, et ce dès les premières lignes, un style d'écriture ultra particulier et parfaitement maîtrisé qui met une claque en pleine tête en même temps qu'on sourit fréquemment aux tournures de phrase.
C'est huilé comme un coucou suisse et ça embarque immédiatement. Pas possible, si on passe la première page, de s'arrêter.
C'est ça qui est d'autant impressionnant : la forme est aussi fouillée que le fond.
J'ai rarement lu un texte avec ce double effet. C'en est même déroutant durant les premières pages, le temps d'habituer le cerveau à cette gymnastique. Un peu comme lorsqu'on commence à regarder un film en VOST. Il faut que le cerveau aligne l'image avec le texte. Là, c'est la même chose.

Ce petit effort passé, on se trouve embarqué dans cette histoire complètement dingue. Et on ne décroche plus avant la fin.
D'autant que le final, tout en finesse, permet de remettre une dernière couche avant de refermer le livre.

Voilà.

Le truc qui me saoule, là-dedans, c'est que ce texte n'ait pas encore trouvé d'éditeur. Alors si, il y a bien eu contact, il y a plusieurs mois, mais bon, tomber sur un éditeur bancal ne sert à pas grand-chose.

Alors, si vous avez dans vos contact un éditeur qui veut faire un bon coup en publiant un texte "putain original", laissez un message ici ou allez voir , vous serez alors sur le site de l'auteur et n'aurez plus qu'à le contacter.

Je ne sais pas si ma démarche sera d'une aide quelconque, mais, dans tous les cas, j'aurai essayé.

Parce que Pagan Pandemia le mérite.